Je me souviendrai de l'attente avant que le Goncourt ne tombe, peu avant 13h30, selon la tradition, car après au resto ces messieurs bouffent au Drouant, et de quelle
manière. Et C'est Marie NDiaye qui a gagné, très sereine, "Je suis très calme" dit cette quinqua qui a été repérée alors qu'elle était au lycée par Jérôme Lindon en personne ; l'homme qui a fait la
réputition des Edition de Minuit. Aujourd'hui chez Gallimard, elle est la femme noire récompensée par ces messieurs du Goncourt. Père sénégalais mais qu'elle n'a jamais vue, mère française, la
banlieue; c'est une belle histoire. Elle semble grande et mince comme engoncée dans un tailleur. On ne peut détacher son regard de sa lèvre inférieure voluminueuse, de ses yeux un peu endormis.
Elle a raconté "trois femmes puissantes", déjà succès littéraire sans le Goncourt. Pendant trois heures, elle est assaillie par les caméras, mais elle a l'habitude des médias, calme, sereine. Avec
TF1, elle passe par le Louvre, se rend dans un bureau accompagnée de son agent littéraire. Elle ne dit pas finalement grand chose, même si un Goncourt c'est énorme. Plus loin, c'est le Renaudot qui
tombe pour Frédéric Beigbeider. Il en avait besoin pour vendre son livre, tant cet auteur méconnu ne bénéficie pas d'exposition médiatique. Il avoue que ce prix lui donne la confiance en lui qu'il
n'a pas. On en pleure. Sur lui, on remarque surtout une sorte de beau foulard bleu, un bandanas snob, celui de la branchitude, de la bobocratie à la sauce de Canal + et d'Ibiza.
Commentaires Récents